Marché Français des Mûres et Mûriers en 2025

En 2025, le marché français des mûres continue de se développer, porté par une demande croissante pour ce fruit prisé tant en consommation fraîche qu'en produits transformés comme les confitures et jus. Malgré des défis liés à la concurrence internationale et aux contraintes de production, cette filière offre des opportunités intéressantes pour les maraîchers, notamment grâce à l'essor des circuits courts, des pratiques durables et des innovations variétales adaptées au changement climatique.

 

Présentation et usages commerciaux

Le mûrier est un arbre ou arbuste de taille moyenne (10 à 15 mètres) appartenant à la famille des Moracées. Ses fruits, appelés mûres, sont des fruits composés formés de petites drupéoles serrées. Il existe principalement deux espèces cultivées en France : le mûrier blanc (Morus alba) et le mûrier noir (Morus nigra), dont les fruits diffèrent par leur couleur, leur goût et leur période de maturité.

En France, les principaux usages commerciaux des mûres sont la consommation fraîche et la transformation en produits alimentaires comme les confitures, les sirops et les jus. Les feuilles de mûrier, particulièrement celles du mûrier blanc, sont également utilisées dans l'industrie de la soie pour nourrir les vers à soie. De plus, certaines parties de l'arbre trouvent des applications en phytothérapie et en cosmétique, offrant ainsi des opportunités de diversification pour les producteurs maraîchers.

 

Évolution du marché français

Le marché français des mûres a connu une évolution contrastée ces trois dernières années. En conventionnel, les surfaces cultivées sont restées relativement stables, autour de 200 hectares, avec une légère augmentation des volumes produits grâce à l'amélioration des techniques culturales. La demande croissante des consommateurs pour ce fruit a stimulé la production, bien que les volumes restent modestes par rapport à d'autres petits fruits.

Pour le marché bio, on observe une dynamique plus marquée. Les surfaces certifiées bio ou en conversion ont augmenté d'environ 15% sur la période, atteignant près de 50 hectares en 2024. Cette croissance reflète l'intérêt grandissant des consommateurs pour les produits biologiques, malgré un ralentissement global du marché bio en GMS. Cependant, la filière fait face à des défis, notamment une baisse des volumes commercialisés en grande distribution, compensée en partie par le développement des circuits courts et la vente directe.

 

État du marché actuel

Le marché français des mûres en 2024-2025 présente des tendances contrastées entre le conventionnel et le bio. En conventionnel, les surfaces cultivées atteignent environ 220 hectares, avec une production estimée à 1 100 tonnes. On observe une légère croissance de la demande, notamment dans les circuits de distribution traditionnels. Le marché bio, quant à lui, couvre près de 55 hectares, produisant environ 220 tonnes de mûres certifiées. Malgré un ralentissement global du marché bio, la filière des mûres biologiques montre une résilience notable, avec une progression de 8,4% du chiffre d'affaires dans les magasins spécialisés au premier semestre 2024. Cette dynamique positive est soutenue par l'essor des circuits courts et de la vente directe, qui compensent partiellement le recul observé en grande distribution.

 

Régions et terroirs producteurs

La production de mûres en France reste relativement limitée, avec quelques régions dominantes. La région Rhône-Alpes se distingue comme la principale zone de culture, suivie par le Limousin et le Périgord. Ces régions bénéficient de conditions climatiques et pédologiques favorables à la culture des mûriers.

Les spécificités régionales jouent un rôle crucial dans la réussite de cette culture :

  • Climat : Les mûriers s'adaptent bien aux climats tempérés, avec une préférence pour les étés chauds et les hivers doux. La Bretagne, par exemple, connaît un dynamisme croissant dans la production de petits fruits, dont les mûres, grâce à son climat océanique.
  • Sols : Les mûriers prospèrent dans des sols bien drainés, légèrement acides à neutres. Les sols limono-argileux, fréquents dans ces régions, conviennent particulièrement.
  • Exposition : Une exposition ensoleillée et abritée des vents froids favorise la croissance et la fructification des mûriers.

Cependant, le changement climatique pose de nouveaux défis, notamment en termes de gestion de l'eau et d'adaptation aux sécheresses estivales de plus en plus fréquentes, particulièrement en Bourgogne-Franche-Comté.

 

Techniques de culture essentielles

Les principales variétés de mûriers cultivées en France sont le mûrier noir (Morus nigra) et le mûrier blanc (Morus alba). On trouve également des variétés sans épines comme 'Black Satin' et 'Triple Crown', appréciées pour leur facilité de récolte.

Exigences agronomiques :

  • Sol : Bien drainé, riche en humus, pH légèrement acide à neutre
  • Climat : Adapté aux climats tempérés, résiste bien à la chaleur (jusqu'à 38°C)
  • Irrigation : Arrosage régulier, surtout pour les jeunes plants
  • Densité : Espacement de 1,5 à 2 mètres entre les plants

Les rendements moyens en conventionnel peuvent atteindre 20 kg par plant pour certaines variétés. En bio, les rendements sont généralement inférieurs de 25 à 30%. L'entrée en production se fait dès la première année pour certaines variétés comme 'Reuben', mais la pleine production est atteinte après 3 ans. Une plantation bien entretenue peut rester productive pendant 15 à 20 ans.

 

Commerce et concurrence internationale

La France occupe une position modeste sur le marché international des mûres, avec une production limitée par rapport aux grands producteurs mondiaux. Les principaux fournisseurs de mûres importées en France sont l'Espagne, le Mexique et le Maroc. Les volumes d'importation ont augmenté ces dernières années, atteignant environ 3 000 tonnes en 2024, principalement pour répondre à la demande croissante hors saison.

L'impact concurrentiel des importations sur la production française est significatif, notamment en termes de prix. Les mûres importées, souvent moins chères, exercent une pression à la baisse sur les prix des produits locaux. Cependant, les producteurs français misent sur la qualité et la fraîcheur de leurs fruits pour se démarquer. La tendance croissante vers la consommation locale et les circuits courts offre également des opportunités pour les producteurs nationaux de mûres de se positionner sur des marchés de niche à plus forte valeur ajoutée.

 

Opportunités de développement

Le marché des mûres en France offre des opportunités intéressantes pour les producteurs, tant en conventionnel qu'en bio. En conventionnel, la diversification vers les produits transformés comme les confitures, jus et sirops représente un potentiel de croissance, notamment pour répondre à la demande de l'industrie agroalimentaire. Les producteurs peuvent également explorer les débouchés dans le secteur des compléments alimentaires, en pleine expansion.

Pour le marché bio, malgré un ralentissement global, les mûres biologiques montrent une résilience remarquable avec une croissance de 8,4% dans les magasins spécialisés. Les producteurs bio peuvent bénéficier d'un fonds d'urgence de 94 millions d'euros et d'un budget accru pour la promotion via l'Agence Bio. La demande croissante pour des produits locaux et durables offre des opportunités dans les circuits courts et la vente directe, permettant aux producteurs de mieux valoriser leur production tout en répondant aux attentes des consommateurs en termes de qualité et de traçabilité.

 

Rentabilité et aides financières

La production de mûres présente des différences significatives entre le conventionnel et le bio en termes de coûts et de rentabilité. En conventionnel, les coûts de production sont généralement plus faibles, mais les marges peuvent être réduites en raison de la concurrence des importations. En bio, les coûts sont plus élevés, notamment pour l'installation et l'entretien, mais les prix de vente supérieurs permettent de compenser cette différence.

La rentabilité potentielle des mûres est intéressante par rapport à d'autres cultures, avec des marges brutes pouvant atteindre 384 €/ha en moyenne. Pour soutenir la transition vers le bio, des aides spécifiques sont disponibles, comme la Conversion à l'Agriculture Biologique (CAB) et l'écoRégime. De plus, un fonds d'urgence de 105 millions d'euros a été mis en place pour soutenir les exploitations bio ayant subi des pertes économiques, offrant ainsi un soutien supplémentaire aux producteurs de mûres biologiques.

 

Défis et risques sectoriels

La production de mûres en France fait face à plusieurs défis, tant sur le marché conventionnel que biologique. En conventionnel, la concurrence des importations, notamment d'Espagne et du Maroc, exerce une pression sur les prix. La volatilité des marchés agricoles et la spéculation sur les matières premières accentuent cette instabilité. Les risques phytosanitaires, comme le phytoplasme responsable du rabougrissement de la ronce, nécessitent une vigilance accrue et des mesures de prévention coûteuses.

Pour le marché bio, les contraintes sont spécifiques. La réglementation stricte impose des coûts de production plus élevés, avec des rendements généralement inférieurs de 25 à 30% par rapport au conventionnel. Les producteurs bio font face à des surcoûts liés à la main-d'œuvre supplémentaire et aux techniques alternatives de protection des cultures. De plus, la concurrence s'intensifie sur le marché bio, avec une offre croissante face à une demande qui se stabilise, ce qui peut exercer une pression à la baisse sur les prix. Les producteurs doivent également composer avec des risques accrus d'allergies et d'intoxications liés à l'utilisation de produits naturels dont l'innocuité n'est pas toujours pleinement établie.

 

Innovations et perspectives d'avenir

Le secteur des mûres en France connaît des avancées significatives en matière d'innovation et de recherche. Des travaux sont en cours pour développer des variétés plus résistantes aux maladies et adaptées au changement climatique, notamment dans le cadre de programmes de sélection participative impliquant chercheurs et agriculteurs. Ces initiatives visent à créer des variétés-populations hétérogènes génétiquement, offrant une meilleure résilience face aux variations environnementales. Parallèlement, l'adoption de pratiques agroécologiques, comme l'utilisation de couverts végétaux et la diversification des cultures, gagne du terrain pour améliorer la durabilité des exploitations.

À moyen terme, le marché des mûres devrait connaître une croissance soutenue, s'inscrivant dans la tendance plus large du marché des protéines végétales, estimé à 162 milliards de dollars d'ici 2030. L'évolution vers des systèmes de production plus durables et l'intégration de technologies avancées, comme la nanotechnologie dans les pratiques agroécologiques, devraient stimuler l'innovation et ouvrir de nouveaux débouchés. De plus, l'adaptation aux changements climatiques pourrait permettre l'introduction de nouvelles variétés de mûriers dans des zones auparavant inadaptées, diversifiant ainsi la production nationale.

 

Recommandations aux maraîchers

L'intégration de la culture des mûres présente des avantages et des inconvénients pour les maraîchers français. Les principaux avantages incluent une demande croissante, des prix attractifs et des opportunités de diversification. Cependant, les inconvénients comprennent une sensibilité aux conditions climatiques, des coûts de production élevés en bio et une concurrence accrue des importations.

Recommandations pour les maraîchers envisageant cette culture :

  • Privilégier les circuits courts et la vente directe pour maximiser les marges
  • Opter pour des variétés adaptées au terroir local et résistantes aux maladies
  • Investir dans des techniques de culture durables comme les couverts végétaux et la diversification des cultures
  • Envisager la transformation (confitures, jus) pour valoriser la production et réduire les pertes
  • Explorer les opportunités du marché bio, malgré les coûts plus élevés, en raison de sa croissance continue
  • Intégrer des pratiques de pollinisation efficaces, comme l'utilisation de bourdons, pour améliorer les rendements
  • Se former aux techniques spécifiques de gestion de la fertilité des sols en maraîchage diversifié

Une analyse approfondie du marché local et des ressources disponibles est essentielle avant de se lancer dans cette culture. La réussite dépendra de la capacité à s'adapter aux conditions spécifiques de l'exploitation et à répondre aux exigences du marché en constante évolution.

 

Fournisseurs et conseils spécialisés

Pour les maraîchers professionnels à la recherche de plants de mûriers de qualité ou de conseils pour implanter une parcelle, deux fournisseurs spécialisés se démarquent sur le marché français :

  • Bairiverse (https://plantspetitsfruits.com/) : Fournisseur grossiste proposant une large gamme de plants de petits fruits, dont les mûriers. Ils offrent des plants en divers formats (mini-mottes, godets, pots) adaptés aux besoins des professionnels. Leur service commercial est réactif, avec une réponse sous 48h, et ils assurent une livraison rapide partout en France.
  • Econome à Légumes (https://economealegumes.fr/) : Négociant en plants et matériel végétal, cette entreprise se spécialise dans la fourniture de plants pour les producteurs professionnels français. Ils proposent des prix dégressifs selon le volume et un service commercial réactif.

Ces deux fournisseurs offrent non seulement des plants de qualité, mais aussi un accompagnement technique personnalisé. Ils peuvent vous conseiller sur le choix des variétés, les techniques de plantation et la conduite de la culture, adaptés à votre terroir et à vos objectifs de production. N'hésitez pas à les contacter pour obtenir un devis personnalisé et bénéficier de leur expertise dans le domaine des petits fruits.